Transports : 1000 kilomètres de train gratuit



C’est l’obsession de l’Union européenne : « la libre circulation des marchandises », et à moindre coût. Aussi, depuis trente ans, Bruxelles et nos gouvernements ont choisi les camions (et les voitures) contre le rail. Ils ont liquidé le fret ferroviaire, ils démantèlent la SNCF en multiples entités (Réseau, Mobilité, TER, etc.). Avec des conséquences pour nous tous : 

1/ L’air, d’abord : les « pics de pollution » se suivent et se ressemblent. Tandis qu’on met en oeuvre des « solutions » ridicules (les enfants confinés à l’intérieur, le sport déconseillé, les plaques paires et impaires, etc.) des convois de camions circulent à travers l’Europe ! Ils traversent la Picardie, un noeud en Europe. 

2/ Les délocalisations, ensuite. Pourquoi Whirlpool aujourd’hui, mais hier Goodyear, Continental, Sièges de France, etc., peuvent‑ils partir en Pologne, en Roumanie, en Slovaquie ? Parce que le prix du transport est donné (avec, également, des chauffeurs polonais, roumains, slovaques). Parce qu’ils peuvent ensuite renvoyer leurs sèche-linge, leurs pneus, leurs canapés chez nous, dans nos magasins, à moindre coût. Parce qu’ils n’ont pas à payer les dégâts, écologiques, sociaux, de leurs choix. 

3/ Les retards, bien sûr. Depuis quatre ou cinq ans maintenant, sur la ligne Paris-Amiens par exemple, les horaires ne cessent de bouger, des trains sont supprimés, le retard est devenu la norme. On s’informe vaguement : « les locomotives vieillissent », nous dit-on, ou encore : « problèmes de caténaires », etc. Alors que la cause est très simple : en 2015, plus de la moitié de ces soucis étaient dus au manque d’effectif à la conduite des trains. 

4/ Les salariés de la SNCF, enfin. Longueau a déjà perdu l’entretien des wagons (150 personnes), et bientôt c’est l’entretien des locomotives qui sera mis en concurrence. Plus largement, ce sont tous les employés de la SNCF qui s’interrogent aujourd’hui sur leur avenir, leur utilité, alors que les « réformes » s’enchaînent, de regroupements en rattachements. Le dernier projet sur la Picardie remet ainsi en cause les vendeurs au guichet et la présence des contrôleurs à bord des trains, « réduction des coûts » oblige. 

Pour le bien de tous, des usagers comme des salariés (et de nos poumons !), nous devons repenser les transports en Picardie, en France et en Europe ! Avec d’autres priorités que le plus bas coût pour les dirigeants économiques.


Ma proposition : 1000 kilomètres de train gratuit

Qu’a fait Emmanuel Macron côté transports ? Il a mis en service des lignes de bus « pour les pauvres », sur des trajets déjà existants en train ! 

C’est nul sur le plan écologique : encore plus de pollution.

Mais c’est nul aussi sur le plan social : un sous‑service avec un sous-confort. Entre Paris et Amiens, les cars mettent, au minimum, 2 h 30, deux fois plus de temps que les trains.

La question devrait plutôt être : comment remettre le train à portée de toutes les bourses ?

Je suggèrerais, par exemple, la gratuité, pour chaque Français, de 1000 kilomètres de rail par an. Afin que chacun bénéficie de la SNCF. Et qu’on incite à l’usage, moins polluant, de ce transport en commun.

Je souhaite, par ailleurs, un « plan rail », à la fois pour le fret et pour les passagers. Qu’on donne les moyens à la SNCF d’assurer un service de qualité, de se développer, de devenir en France le mode de transport structurant, davantage que les autoroutes.

Et sans tout miser sur les TGV pour une élite.