Whirlpool : "une surtaxe spéciale, et vite !"

Les délocalisations, ça fait trente ans que ça dure, trente ans que notre région en souffre, trente ans que nos élus disent leur « incompréhension ». Il est temps d’agir ! 

Aujourd’hui, c’est Whirlpool qui envoie ses sèche-linge en Pologne. Mais il y a quinze ans, déjà, ses lave-linge partaient en Slovaquie. Goodyear a délocalisé ses pneumatiques en Pologne, Sièges de France ses canapés en Roumanie. Et je passe sur Abélia, Honeywell, Magnetti-Marelli, etc. Même Flodor, même les chips quittent la Picardie ! 

Face à ça, avez-vous l’impression que les politiques sont révoltés ? 

Ils disent leur « incompréhension ». Mais qu’est‑ce qu’ils ne comprennent pas ? Même un enfant comprendrait ! Le coût du travail est quatre, cinq fois moins élevé là-bas : pourquoi les multinationales n’en profiteraient pas ? 

La vérité, c’est que ces élus font semblant de ne pas comprendre. Parce que c’est leur Europe qui veut ça, celle de la « libre circulation des capitaux et des marchandises », celle de l’élargissement aux pays de l’est, celle de l’Acte unique européen (même le Front national a voté pour !, seuls les communistes s’y sont opposés). Ca fait trois décennies qu’ils nous construisent cette Europe de la « concurrence libre et non faussée », ce libre échange qui tue le textile, la métallurgie, l’ameublement, etc., chez nous. 

Contre ça, est-ce que nos représentants ont voté le moindre texte, depuis trente ans ? Non. Est-ce qu’ils se sont dit « Peut-être qu’il faut restaurer des taxes aux frontières, des barrières douanières, des quotas d’importation » ? Non. Et pourquoi ils ne sont pas révoltés ? Parce qu’ils ne sont pas directement touchés. À eux, on ne leur dit pas : « Bah, on a trouvé des députés bulgares qui sont beaucoup moins chers, on va délocaliser l’Assemblée là-bas. » Alors forcément, pour ces élus, ça reste assez théorique, assez lointain, la « globalisation »… 


 

Assez parlé : que faire ? 

1 / Tout de suite : sur tous les produits Whirlpool, on doit imposer une surtaxe spéciale, plus 50 %, de quoi les rendre beaucoup plus coûteux. Ils perdront le marché français, ça les fera réfléchir. On ne va quand même pas être assez bêtes, assez dociles, pour les laisser vendre leurs sèche-linge ici, chez But, chez Darty ? 

(Avec le soutien de l’État, des collectivités, et en partenariat avec ces grands magasins, les salariés pourraient alors relancer une production locale d’électroménager.) 

2 / Ensuite, dans tous les traités européens, il nous faut dénoncer la « libre circulation des capitaux et des marchandises ». Nous devons, évidemment, refuser de signer les futurs accords de libre-échange, Tafta avec les États- Unis, Ceta avec le Canada. De manière intelligente, concertée, mais il faut relocaliser l’économie, et donc démondialiser. 

À l’Assemblée nationale, ensemble, nous imposerons ce débat. Ma voix sera forte de vos voix.