Pourquoi je n'irai pas à Versailles

Ce lundi, j'avais rendez-vous, à Amiens, avec des parents d'enfants handicapés. Ensemble, nous devions rédiger une question écrite au gouvernement, au ministère de la Santé en l'occurrence, et travailler à une proposition de loi (ça, pour l'instant, je ne sais pas du tout faire).
Et voilà qu'Emmanuel Macron a décidé, subitement, de convoquer un Congrès.
Pour quoi faire ?
Pour l'écouter.
On aura droit à son Premier ministre le mardi, mais ça ne suffit pas, le Président se rajoute au programme la veille.
A quoi on va servir, nous tous, là-bas ?
A rien, on va juste l'écouter.
Je ne crois pas qu'on m'ait élu pour ça.
Je préfère bosser sur des dossiers, avec les gens, à leurs côtés.

Quant au sens politique, maintenant : ça fait beaucoup, quand même, non, pour le monarque républicain ? Sur la loi Travail, mais aussi l'Université il paraît, et même (avant que ça ne capote) sur les néonicotinoïdes, il fonce par ordonnances. Il prépare un Etat d'urgence sur mesure et permanent qui, dans la rue, dès l'automne, neutralisera ses opposants. A l'Assemblée, il se choisit sa propre opposition, "constructive". Et lorsqu'il se tourne vers le Parlement, c'est juste pour avoir des figurants dans sa pièce à lui. En plus, il paraît qu'on doit rendre nos amendements sur l'habilitation à la loi Travail pour lundi soir (et des amendements je ne sais pas non plus comment on fait ça).
Alors, je vais vous dire, ce lundi, je serai aussi bien devant ma télé à regarder LCP.
On a pensé à tenir cette position, avec plein de camarades, au sein du groupe France insoumise.
Et donc finalement, après discussion, on n'y va pas.

A la place, on va bosser !