Où trouver l'argent ?


Le jeudi 6 avril, j’étais « l’invité mystère », dans L’Émission politique face à Emmanuel Macron.

François Ruffin : On avait eu « mon adversaire c’est la finance », vous c’est plutôt « mon ami c’est la finance ». 

Emmanuel Macron : Si c’était mon ami je ne l’aurais pas quittée, je ne suis pas masochiste je vous rassure.

François Ruffin : Oui, mais vous lui rendrez sûrement davantage de services de la place que vous allez occuper…

J’ai des chèques là. Ça c’est les aides publiques touchées par Whirlpool : 63 millions d’euros, on ne sait pas exactement ce qu’ils touchent mais on ne les récupérera pas.

Ça c’est le CICE, votre invention : 22 milliards d’euros par an, qui bénéficie pour 50 % aux très grandes entreprises, très peu créateur d’emplois, d’après un rapport remis au Premier ministre. Moi j’aimerais que vous remplissiez le troisième chèque, que vous nous disiez combien vous allez faire de cadeaux au CAC40 avec votre programme ?


La présidence Macron, c’est :

 - un gouvernement Les Républicains ‑ Parti socialiste;

 - la suppression de 120 000 fonctionnaires (des enseignants ? des infirmières ? il a toujours refusé de le préciser);

 - 20 € de moins chaque mois sur les retraites;

 - les actionnaires qui ne sont plus soumis à l’impôt sur la fortune;

 - une loi Travail n°2, toujours plus de flexibilité;

 - et par ordonnances, en contournant le Parlement, de la démocratie au rabais.


Ma proposition n°7 : Où trouver l’argent ?

«Mais où trouvera-t-on l’argent pour financer ces investissements ? », nous demandera-t-on à la lecture de notre programme.

Durant les cinq dernières années, le président Hollande et son ministre Emmanuel Macron ont trouvé des milliards en pagaille pour baisser l’impôt sur les sociétés, pour le Crédit Impôt recherche, pour le Crédit impôt compétitivité emploi...

Au total, l’État distribue aujourd’hui plus de 110 milliards d’€, chaque année, en aides publiques, en allègements. Mais il le fait à l’aveugle. Il arrose au hasard.

C’est un gaspillage géant : d’après un rapport officiel, de France Stratégie, un poste créé ou sauvé par le CICE revient à 200 000 € par an. 20 000 € par mois ! Et les premiers bénéficiaires en sont Auchan, Casino, Carrefour... des nécessiteux, qui supprime des centaines de postes !

« Petit patron » moi-même, je ne suis pas opposé, par principe, à des aides aux entreprises. Mais député, je lutterai pour une réduction de ce montant, et pour un ciblage :

- sur les TPE-PME ;

- sur les secteurs soumis à la concurrence internationale (la grande distribution, par exemple, ne l’est pas) ;

- sur des projets (s’il faut développer la filière bois, énergie solaire, etc.).

Qu’on cesse d’arroser les multinationales à tout-va. Ça coûtera nettement moins cher aux contribuables. Ça libèrera une manne pour répondre aux urgences sociales et écologiques.


Face au Front national : «Pas une fois le mot “actionnaire”»

J’ai publié un petit ouvrage, « Pauvres actionnaires ! », qui passe au crible le programme économique du Front national depuis 1972… 

Qu’on ne compte pas sur Marine Le Pen pour protéger les salariés: les mots «actionnaires» et leurs «dividendes», qui ruinent l’économie française, ne sont mentionnés à aucun endroit de son programme. Contre neuf fois le mot «étrangers», qu’elle fait passer pour notre adversaire.

Lors du mouvement contre la «loi travail», l’an dernier, elle appelait le gouvernement à tout bonnement « interdire les manifestations ». Et elle qualifiait, lors de sa visite aux Whirlpool, l’intersyndicale CFDT-CFTC-CGC-CGT de « de deux ou trois personnes qui ne représentent qu’eux-mêmes ». Alors que, dans cette entreprise, Frédéric, Ludovic, François, Olivier et les autres sont le fer de lance de la lutte, appréciés des ouvriers !