Mes premières mesures

Journaliste depuis 18 ans à Amiens, jamais encarté dans un parti politique, je me présente aux élections législatives des 11 et 18 juin dans votre circonscription. Mais qu’est-ce que je ferais si je suis élu ? Voici mes trois premières mesures.

 

Bien sûr, je voudrais qu’on fixe un « salaire maximal ». Qu’on annule tous les traités européens qui vantent « la libre circulation des capitaux et des marchandises ». Qu’on en finisse avec le travail détaché. Qu’on relève le Smic à 1500 € net, et les retraites. Qu’on offre aux salariés une sixième semaine de congés payés. Qu’on aide les petites entreprises et non les grosses, etc.

Mais est-ce que vous allez croire à mes promesses ? Est-ce que, à l’Assemblée, j’aurai la majorité pour les mettre en œuvre ? Vous en doutez et vous avez raison.

Voici donc mes premières mesures, très simples, très claires, que je m’appliquerais à moi-même :

 

1. Mon mandat sera révocable.
Si 25 % des électeurs de la circonscription pétitionnent contre moi, s’ils m’ont élu et que pourtant mes positions à l’Assemblée ne les représentent pas, je démissionnerai. Je remettrai mon mandat en jeu.

C’est pas une idée d’hurluberlu : certains pays, la Suisse, le Venezuela, des Etats américains le pratiquent déjà, depuis longtemps.

Depuis trente ans, les députés votent des lois qui renforcent la précarité, qu’ils cassent le CDI, avec des CDD, de l’intérim, l’an dernier la loi El Khomri… Eh bien, cette précarité, que nos parlementaires se l’appliquent déjà à eux-mêmes !


 2. Mes réserves parlementaires

Vous l’ignorez peut-être : chaque député dispose d’environ 130 000 € par an (soit 650 000 € durant son mandat). L’élu est libre de distribuer cette somme selon son bon vouloir, à des communes, des associations, etc. Ca se fait avec un clientélisme évident : des maires, des présidents d’association lui sont attachés moins par les convictions que par l’argent qu’ils reçoivent, qu’ils attendent.

Je refuserai ce fonctionnement.

Je ferai tirer au sort un jury, parmi vous, parmi les citoyens, et c’est vous qui choisirez les projets les plus utiles, les plus pertinents, les plus conformes à l’intérêt général.


 3. Mon salaire : le smic

Un député touche une rémunération de 7100 € brut (en plus d’une « indemnité représentative » de 5770 €, et d’autres avantages). Tant que le Smic ne sera pas relevé, comme je le souhaite, à 1 500 €, je resterai donc à 1 181 € (le minimum de la convention collective des journalistes, ma paie à Fakir).

D’abord parce que je ne fais pas de politique pour m’enrichir.

Surtout, parce que, depuis trente ans, les députés gèlent les salaires des autres, jugent que les travailleurs français ont trop d’ « acquis », qu’ils ne sont pas assez « compétitifs » comparés aux Roumains, aux Indiens, aux Chinois, etc. Mais eux, nos élus, sont-ils compétitifs par rapport aux députés Roumains, Indiens, Chinois ? Est-ce qu’on ne pourrait pas trouver moins cher ailleurs ?

Ce qu’on prône, il faut d’abord se l’appliquer à soi-même.

 

Ces mesures ne dispensent pas d’un véritable programme, sur l’emploi, sur la santé, sur l’éducation, etc., et j’espère porter des réformes d’une autre ampleur. Mais ça indique une démarche : que votre député ne soit pas un « professionnel de la politique », attaché à son siège et à ses privilèges.

Qu’on monte à Paris pour les secouer ! Et tant mieux s’ils crient à la « démagogie » !


 

Cette candidature est une initiative citoyenne,

soutenue par le Parti communiste, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, les Verts, Ensemble, la Primaire.org, et toutes les forces qui voudront bien nous rejoindre !