Lettre aux jeunes de la 1ère circonscription de la Somme

Bonjour,

Vous avez voté pour la première fois lors de l'élection présidentielle. L'élection législative des 11 et 18 juin sera votre second vote.

Et ça tombe bien: devant vous, vous avez un vrai choix!

Y a les candidats habitués et habituels : ils ont choisi le bon costume-cravate, ou le bon tailleur, la bonne étiquette surtout. La politique, c'est leur métier depuis toujours: assistant parlementaire, directeur de cabinet, avant d'être élu au Département, dans une Mairie, au Parlement. Ils prononcent des phrases bien creuses avec des mots bien lisses pour ne fâcher personne.

Je ne suis pas de ceux-là.

Dans votre circonscription, un candidat différent se présente.

Un candidat qui enfile parfois le tee-shirt par-dessus la chemise, qui n'a jamais été encarté, qui fait de la politique pour la première fois ce printemps.

Un candidat qui a lancé son propre journal, Fakir, fait son propre film, Merci Patron !, qui exerce comme reporter à la rencontre de ses voisins depuis dix-huit ans.

Un candidat qui les connaît par coeur, les contrats précaires, service civique, vacataire, auxiliaire, stages, emploi-tremplin, intérim, etc., que vous subissez souvent.

Un candidat aujourd'hui porté par des centaines de militants, de bénévoles, qui y croient: oui, avec du tempérament, avec de l'énergie, ça peut changer, un peu.

Un candidat, surtout, qui depuis des années n'a jamais courbé l'échine face aux puissants, face à Emmanuel Macron, face à Nicolas Sarkozy.

Un candidat qui veut monter à Paris pour les secouer, pour les réveiller : ma voix sera forte de votre voix, je leur parlerai fort et clair.

Mes priorités, l'urgence sociale, l'urgence écologique, l'urgence démocratique, vous les découvrirez dans le document joint. Mais c'est un état d'esprit que je veux vous transmettre ici : votre bulletin de vote peut devenir une arme, une arme non-violente pour les bousculer là-haut.

Ou pour les laisser roupiller.

A vous de choisir!

Sachez-le, enfin : je ne fais pas ça pour la place : je compte me mettre au Smic aussitôt élu. Je ne suis pas là pour m'installer, mais pour être utile à mes voisins, pour qu'on essaie quelque chose ensemble.

Bien à vous !

François Ruffin