L’Etoile : Le trophée volé !

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C’est vraiment the coïncidence.

On déprimait un peu, avec Brigitte.
Une jolie série de portes fermées, de discussions avec des interphones, de « la politique, c’est pas pour nous ».
Et voilà qu’au fond de la résidence pavillonnaire, une porte s’ouvre.

On nous laisse rentrer, carrément.
On nous offre le café, miracle !
Un dialogue accroche, avec X, fonctionnaire à Lille, qui se tape les allers-retours en covoiturage jusque Arras, puis en train, quatre à cinq heures de transport par jour (quand ça roule), ses enfants qu’elle croise le soir.
On cause film, elle avait prévu de regarder Merci patron !, me montre comment marche la multi-diffusion sur Canal +.

Au bout de la table, sa mère (d’après ce que j’ai compris), Corinne.
Elle travaille dans une boulangerie, mais du coup, ce boulot, ça lui a fait perdre les APL, et elle aurait mieux fait, estime-t-elle, de se débrouiller avec le RSA.

«- Et avant ça, vous faisiez quoi ?

- Je tenais le Bar des Sports, à l’Etoile.

- C’est pas vrai ! »

C’est pas vrai parce que, la nuit d’avant, je venais de réécouter, sur Là-bas si j'y suis, une émission que j’avais enregistrée au Bar des Sports justement. La bande à Groland, Delépine et Kervern, y avaient tourné leur Louise Michel. Comme ils avaient reçu le « prix du public » du Festival d’Amiens, ils avaient laissé le trophée là, dans ce bistro, à côté des coupes du club de foot, derrière le (superbe) comptoir en formica.

La devanture avait changé, j’avais noté.

«- Mais il est où alors le trophée ? Je l’interrogeais.

- Je ne savais pas quoi en faire, alors je l’ai pris avec moi.

- Vous l’avez volé, oui ! Je la taquinais.

- Non, mais j’ai hésité, où le mettre ? Le laisser là-bas ? Ca ne représenterait rien pour les nouveaux, des jeunes… (Elle culpabilisait un peu.)

- Vous ne vouliez pas le rendre !

- C’est vrai, en un sens. Parce que le tournage, c’était tellement un moment magnifique ! L’équipe était super sympa ! Et puis ils buvaient ! Les décorateurs, c’est magique, en une journée, ils ont transformé mon bar en pizzeria. Le village, y avait des guirlandes partout. Ah, ça restera un moment unique dans ma vie ! »

J’ai cafté auprès de Benoît Delépine. Je lui ai adressé un courriel, pour l’informer de ce stupéfiant détournement de trophée. Et pour lui demander si, dans le cadre de ma campagne, il viendrait rétablir sa terrible Justice au café de L’Etoile (et me soutenir).

Dans l’après-midi, il m’a répondu « oui ». Merci !

Corinne doit sans doute trembler…